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Document d’information

Pétition contre la construction du complexe hydroélectrique sur la Rivière Romaine

La rivière Romaine, située au nord de la municipalité de Havre-Saint-Pierre en Basse-Côte-Nord, est une des dernières grandes rivières encore vierges au Québec. Hydro-Québec prévoit y construire un complexe hydroélectrique de 1555 MW composé de 4 barrages produisant près de 13 TWh d’électricité par année. Ce projet représente un investissement de 6 à 7 milliards. Le début de la construction est prévu pour le milieu 2009 et une partie du complexe pourrait entrer en opération en 2016 avec une capacité maximale dès 2020.

Hydro-Québec prétend qu’un des seuls impacts significatifs que le complexe hydroélectrique aura sur la rivière Romaine concerne le paysage. Cependant, les répercussions seront beaucoup plus étendues. La rivière Romaine est un habitat naturel pour le saumon de l’Atlantique, le caribou des bois, l’aigle royal, le faucon pèlerin, le balbuzard, l’aigle d’Amérique, les insectes, les arbres, les fleurs sauvages et cette forêt boréale constitue un des plus importants puits de carbone au monde. Ainsi, non seulement la construction des quatre immenses centrales proposées détruira l’écosystème, la faune et la flore par l’effet de fragmentation, de contamination par le mercure et par l’inondation de vastes étendues de forêt boréale, mais en plus elle contribuera grandement aux émissions de gaz à effet de serre. Finalement, comme cela a été le cas avec plusieurs autres rivières au Québec où il y eu la construction de barrages et réservoirs, on voit émerger des impacts environnementaux négatifs à long terme sur les berges et les écosystèmes.

Alors que la crise de l'industrie forestière au Québec s'aggrave, nous pouvons constater au cours des dix dernières années que l'industrie hydro-électrique connait un regain de vie et cela s’accompagne de nombreuses promesses d'emploi dans certaines régions de la province.

Ceux qui sont en faveur de la construction de barrages sur la rivière Romaine prétendent qu’un tel projet créera de l’emploi. Toutefois si tel est le cas, cela ne sera que pour une courte durée et à un coût socio-économique beaucoup plus élevé à long terme. Par exemple, les redevances pour ce projet dont la prévision des profits générés est de 8 milliards devront être négociées avec les quatre conseils de bande de la région. Ces ententes financières sont inévitablement une source de conflit au sein des communautés et des factions internes.

Hydro-Québec a besoin de compenser pour le fait qu'elle vend son électricité à Alcoa à perte. En mars 2008, un accord fut signé entre Québec et Alcoa permettant à Alcoa non seulement de continuer à opérer ses 3 alumineries mais aussi d'agrandir certaines d'entre-elles. Pendant que les travailleurs se réjouissent de cette bonne nouvelle et du fait qu'ils ne perdront pas leur emploi, ce que le public ignore est le fait qu'Alcoa peut garder ses usines en opération uniquement parce que l'électricité lui est vendue à un prix très bas. Cet accord signifie que Québec ajoute 228 millions de dollars à sa dette à long terme qui sera bien évidemment payée par la population du Québec pour les prochaines 30 années à venir .

On entend souvent l’argument comme quoi l'énergie éolienne demeure encore plus couteuse que l'hydro-électricité alors que l'exemple précédent nous démontre qu'Hydro-Québec vend à Alcoa au taux de 4 cents le kWh ce qui coûte aux citoyens entre 8 et 10 cents le kWh, enlevant ainsi toute crédibilité à cet argument . Il serait beaucoup plus viable que tout l'argent perdue par les Québécois soit plutôt investie dans les énergies propres et crée des emplois dans ce domaine.

Dans cet accord entre Québec et Alcoa, le premier ministre Jean Charest s'est engagé à vendre 2 000 mégawatts d'électricité jusqu'à l'an 2050 à un prix qui ne représente même pas la moitié de ce qu'il nous coutera en 2050 pour remplacer cette quantité d’électricité . Ceci démontre clairement le peu d'intérêt qu'ont nos dirigeants dans l'élaboration d’un plan énergétique qui pourrait générer des rendements positifs surtout pour ses citoyens.

En parlant de la dérivation de la rivière Rupert en 2007, Roy Dupuis, co-fondateur de la Fondation Rivières, affirme que «oui, c'est Hydro-Québec qui détourne la Rupert avec l'aide du gouvernement aujourd'hui. Mais Hydro-Québec et le gouvernement, c'est aussi nous autres. C'est nous qui détournons en réalité la Rupert, un joyau comme il n'en existe plus beaucoup dans le monde.» Aujourd’hui, cela s’applique aussi bien à la situation de la rivière Romaine. En effet, nous devons absolument continuer à agir, à mobiliser les Québécois contre des pratiques destructrices de production d’énergie et mettre une pression constante pour l’élaboration d’un plan énergétique qui répond réellement aux besoins actuels et futurs de la population Québécoise.

Nous devons réduire notre consommation d’énergie! En effet, cela coûte beaucoup plus cher à notre gouvernement de construire des barrages qui verront leur surplus exportés hors du Québec que de faire une révision de stratégie énergétique du Québec. Nous devons choisir sagement la manière dont nous voulons soutenir ou refuser de soutenir cette industrie qui n’est pas durable alors qu’ Hydro-Québec avait pour mission lors de sa fondation d’assurer le service public aux plus bas prix ! Or, tout a changé depuis ce temps ; les citoyens du Québec ont directement et indirectement laissé Hydro-Québec devenir une machine à faire des profits !

Lorsque nous parlons d’une production durable d’énergie, c’est essentiellement le modèle d'affaires que nous dénonçons et que nous souhaitons voir réformé. Par exemple, nous ne devons pas laisser les 15 méga projets d’éoliennes d’une valeur de plusieurs milliards de dollars annoncés au Québec nous aveugler en rapport avec les pratiques destructrices qui continuent à prendre place entretemps au Québec. Enfin, tant que l’éolien, la géothermie, le solaire et d’autres énergies alternatives vertes seront gérées par des promoteurs qui n’ont que le profit comme objectif, le résultat sera toujours le même ; la destruction de l’environnement, le gaspillage d’énergie et de ressources, l’exploitation de la population locale…

Veuillez consulter le site web pour plus de renseignements et pour vous joindre à Alliance Romaine www.allianceromaine.org.


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